ELECTIONS au Cameroun : le CCD organise le vote des camerounais de la diaspora à Paris

Privés de vote par l’administration nationale du pays, autorisés par le CCD (Conseil des camerounais de la diaspora). Les camerounais de la diaspora, et notamment ceux de France ont pu « voter » hier à Paris, pour le double scrutin (législatif et municipal) organisé au Cameroun hier 22 juillet. C’était lors d’une manifestation organisée Place du Trocadéro dans le 16e arrondissement de la capitale (haut lieu de tourisme à Paris, car à proximité de la Tour Eiffel et du Champs de Mars). Invités par le CCD que président Célestin Djamen et Karl Ekindi, de nombreux camerounais (environ 50 au total) se sont rendus à ce lieu, hier en mi-journée, pour prendre part à leur manière à  ce que Célestin Djamen a qualifié de « rassemblement citoyen et civique ». Arrivés vers midi, les premiers manifestants se sont mis à discuter par petits groupes. Parmi eux, des gens venus suite à l’invitation donnée par le CCD sur Internet, mais aussi d’autres arrivés là par hasard. Comme Mathilde N et son compagnon, résidant dans
la Sarthe à 200 km de Paris. « Nous étions de passage ici pour le tourisme, et nous avons vu le drapeau du Cameroun ; alors nous sommes venus voir de quoi il s’agit », dit la jeune femme. Il y avait aussi quelques journalistes, notamment ceux intéressés par l’actualité camerounaise. 
La manifestation à proprement parler n’a débuté que vers 15 h. Le temps est quelque peu capricieux en ce moment de la journée. Et aussi, tout à côté, une autre manifestation (des chinois qui manifestent contre la torture au Tibet et la répression sur les membres de la secte Falun Gong en Chine) a lieu. Vers 15 h 30, Célestin Djamen a fait un petit speech pour planter le décor de la manifestation ; brève allocution dans laquelle il a remercié les personnes présentes et il a aussi rappelé que la manifestation était apolitique. A sa suite, un autre membre du CCD a désigné trois personnes présentes (deux hommes et une femme) pour le jury devant assurer le bon fonctionnement de l’élection. Enfin, il y a eu l’installation de l’isoloir, entourée du drapeau du Cameroun, et aussi de l’urne et du matériel de vote. Trois (3) bulletins de vote distincts et des enveloppes sont déposés sur la table. Ils portent respectivement la mention de « Je vote pour la majorité présidentielle », « Je vote pour l’opposition », « Je ne veux pas de mon droit de vote ». M. Djamen invite les manifestants à passer à tour de rôle prendre part au vote symbolique. 

C’est à ce moment que quelques voix dissonantes se font entendre. Ils émanent de deux compatriotes, qui se présentent comme des militants de l’UPC, section France. Arrivés un peu plus tard, et après avoir distribué un tract de leur parti, ils jugent qu’il n’est pas raisonnable que les organisateurs n’aient pas prévu de bulletins neutres. « Nous ne sommes pas d’accords avec tout çà, car, finalement on nous demande de voter soit pour le pouvoir, soit pour l’opposition au Cameroun. Or, nous, nous ne voulons voter pour personne, ou plutôt voter blanc. Et donc, il n’y a aucun bulletin qui nous permettent de nous exprimer dans ce sens », dit l’un d’eux. Ce à quoi M Djamen répond que « comme partout dans le monde, l’expression du vote blanc se fait à travers l’enveloppe vide ; ceux qui ne veulent pas voter pour l’une des options proposées n’auront qu’à déposer leur enveloppe vide dans l’urne ».  Après ce petit moment de flottement, le vote a pu s’ouvrir. La quasi-totalité des personnes présentes a ainsi pu voter, et émarger à une feuille de présence, préalablement remplie par tous, et, placée sur la table près de l’urne. Le dépouillement est intervenu un peu après 17h. Sous l’œil des votants et de quelques touristes curieux, le jury de ce vote symbolique a proclamé les résultats. En substance, on notera que, 79,8% des « électeurs » ont choisi le bulletin « Je vote pour l’opposition », 7,9% pour « Je vote pour la majorité présidentielle », et enfin 12% de bulletins blancs. La manifestation s’est achevée vers 18h.  Il faut rappeler que, le CCD qui organisait cette manifestation, n’est pas à son premier coup d’essai. En novembre 2004, parallèlement à l’élection présidentielle au pays, il avait déjà organisé un autre « vote citoyen » comme celui d’hier. Ses dirigeants affirment qu’ils recommenceront chaque fois que l’occasion se présentera. Jusqu’à ce que, plutôt que symbolique et non comptabilisé comme actuellement, le vote des camerounais de la diaspora devienne réel et pris en compte dans les suffrages exprimés dans chacun des scrutins organisés par notre pays. 

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