Suite de « l’Affaire Laurence Vergne »; Les médias français s’en saisissent

Embourbée en justice, presque clarifiée dans les médias français. Ainsi peut-on résumer  « l’affaire Laurence Vergne », du nom de cette jeune (31 ans) scientifique française assassinée en début de cette année au Cameroun. Depuis le drame, le dossier stagne sur le plan judiciaire ; que ce soit au Cameroun où l’affaire s’est produite, comme en France, où une plainte a été déposée en mai dernier par la famille de la victime. En revanche, dans les médias, camerounais comme français, ce sujet est largement couvert et suivi. Surtout en France où radios, télés et journaux semblent, au fil des articles, révéler la « vérité » dans cette affaire. 

On pouvait le constater en regardant, dimanche dernier, sur TF1, le magazine Sept à Huit. Un reportage de 10 minutes a été consacré à cette affaire. Il y a quelques temps ce sont les journaux écrits qui en avaient parlée. Le Parisien qui consacrait une pleine page à ce dossier le 1er août dernier. D’autres journaux aussi en ont parlé, tels Libération (19 juin), Le Figaro et même Le Monde, premier quotidien d’informations générales du pays, mais aussi des journaux régionaux. 

Tous, ils ont abordé cette affaire, dans un premier temps sous l’angle du fait divers sordide. Dans ce registre, c’est la tristesse et l’émotion de la famille et des proches de la victime qui ont été mises en avant ; (dans le reportage de TF1 par exemple, au début, on pouvait voir les parents de la jeune femme exprimer leur chagrin, feuilleter ses albums de jeunesse…). Par la suite, (suivant les recommandations de la famille ou est-ce pour d’autres raisons ?) les médias ont très vite fait basculer ce sujet dans la rubrique du « scandale judiciaire ». Le point de départ de cette nouvelle catégorisation, si on peut ainsi dire, a été la plainte déposée par la famille Vergne au tribunal de Grande instance de Paris en mai dernier. 

La plainte en question, selon Me Antoine Comte l’avocat de la famille, vise à dénoncer la « lenteur et l’incapacité » de la police et de la justice camerounaise à faire la lumière dans cette affaire. Pire même, elle affirme, sur la base d’informations glanées à « bonnes sources », que les coupables dans cette affaire courent toujours, alors qu’ils sont connus ; que la police camerounaise les protège, et, avec la justice, elles ne sont pas pressées d’élucider ce crime. 

Ces « révélations » puisées à « bonnes sources » nous disions, ont donc été versées à la justice et aux médias hexagonaux. S’il est certain que la justice prendra son temps (le temps de la sérénité certainement) pour mettre au clair ce crime ; en revanche, il est à craindre que, les médias, mus par d’autres raisons (et d’autres intérêts ?) n’aient pas la même patience, ni la même sérénité (comme en témoigne les nombreuses « couvertures » dont nous parlions plus haut) pour éclaircir cette histoire. Pourtant, l’enquête menée au Cameroun a conduit à de premières arrestations et des condamnations. Elle a, selon beaucoup d’avis, été un peu bâclée certes, mais les policiers poursuivent d’autres pistes que celles initiales. En France même, le compte-rendu d’un Conseil ministériel affirme que, contrairement à de nombreuses rumeurs, l’action judiciaire menée au Cameroun s’est déroulée en toute transparence. Apparemment, cela ne suffit pas à calmer les médias français, qui ont décidé de faire, à leur manière, toute la lumière dans cette affaire. Rien que çà. 

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