Municipales 2008: la « diversité » encore un peu juste

Cet article est le prolongement d’un autre que j’ai publié il y a quelques jours sur le même sujet. Il est consultable à cette adresse  http://aubingeorges.unblog.fr/tag/actu-francaise/

Cette fois-ci c’est encore manqué. Ou presque. Le dernier scrutin électoral (les municipales des 9 et 16 mars) n’a pas permis aux citoyens français issus de l’immigration africaine de faire une réelle percée dans la sphère politique nationale. A quelques exceptions près, la plupart des candidats de la « diversité » ont été recalés ou contraints à des fonctions subalternes. Selon les sources du ministère de l’Intérieur, sur  un total de 520 000 élus municipaux, il y a environ 2000 candidats de la diversité ; soit 0,4%. Un chiffre insignifiant donc. 

A l’Ump, le parti au pouvoir, comme au Parti socialiste, principal parti d’opposition, les dirigeants nationaux avaient du mal à aborder le sujet au lendemain du scrutin. L’un comme l’autre avait pourtant promis des mesures audacieuses pour faire éclore des responsables municipaux de la diversité. Ces partis avaient même investis un peu plus de candidats noirs ou maghrébins que dans les précédents scrutins. Mais souvent, c’était dans des circonscriptions ingagnables. Ou alors, dans certains cas où la victoire était possible, le candidat de la diversité investi devait affronter, en plus de ses opposants politiques, un autre candidat de son parti, entré en dissidence. Des dizaines de cas de ce genre se sont multipliés à travers le pays. Ils n’ont pas été tranchés par les directions des partis et ont donné lieu à des affrontements fratricides entre membres du même parti, qui, en tournant au désavantage des candidats de la diversité, ont accentué leur déculottée dans ce scrutin. 

Néanmoins, il faut noter l’élection comme maire d’un arrondissement de la capitale (le 7e) de Rachida Dati, la ministre de la justice, qui avec Samia Ghali, elle aussi d’origine algérienne, élue maire du 8e arrondissement de Marseille (2e ville de France), sont les deux seules personnalités de la diversité maires dans des grandes villes. On pourra aussi citer les quelques adjoints aux Maires des grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ; c’est le cas de la jeune franco-tchadienne de 30 ans Seybah Dagoma, adjointe au Commerce et à l’Artisanat à Paris. Certains de nos compatriotes comme Edmond Kameni (Vélizy-Villacoublay) et Adèle Gauthier (Bonneuil) ont été élus conseillers municipaux. Quant à Six-Emmanuel Njoh que nous avions suivi lors des législatives, il était tête de liste à Vitry-sur-seine, mais a été battu. 

Outre ces personnalités vivant dans les grandes villes, et sur lesquels les feux des projecteurs étaient les plus braqués, il y a aussi quelques candidats de la diversité qui ont réussi à faire leur trou, non sans mal, dans les villes moyennes ou dans les petits villages de campagne. C’est le cas de Kader Atteye, originaire de Djibouti, qui a été élu maire de Morey, un petit village de 200 habitants au Centre de
la France. 

Avant ce scrutin municipal, les grands partis politiques et les médias avaient fait tout un foin sur cette question de la représentation des minorités dans l’échiquier politique. La main sur le cœur, ces responsables juraient de transformer cette élection municipale en un scrutin où les élus seraient « black-blanc-beur » et non plus « blanc-blanc-blanc » comme habituellement. Bien plus, les plus optimistes avançaient aussi comme argument en ce sens la nomination par M. Sarkozy de certaines personnalités d’origine africaine et maghrébine au gouvernement après son élection en mai 2007, notamment les Secrétaires d’Etat Rama Yade et Fadela Amara (originaires du Sénégal et de l’Algérie) et surtout Rachida Dati (Maroc-Algérie), ministre de
la Justice et n°5 dans l’ordre de préséance gouvernemental. Ces nominations avaient été présentées comme signal fort adressé au enfants de l’immigration afin qu’ils comprennent qu’eux aussi pouvaient tutoyer les sommets de la sphère politico-administrative. Dans cet ordre d’idée, les dernières municipales étaient donc l’occasion idéale pour consolider les « avancées » symbolisées par lesdites nominations. Hélas, comme l’attestent les chiffres cités plus haut, cela n’a pas été le cas. Ces municipales n’ont pas été le scrutin des miracles. Et, encore une fois, de nombreux français issus d’origine africaine vont devoir patienter pour que « l’égalité républicaine » tant claironner dans ce pays devienne effective dans les urnes. Il y a encore du chemin à faire. 

 

 

Une réponse à “Municipales 2008: la « diversité » encore un peu juste”

  1. joss dit :

    je suis Français d’origine Africaine élu conseiller municipal dans le département du lot (46) le 09 MARS 2008 pour plus d’info me contacter par mail et me donner un N° de téléphone pour vous joindre j’ai pas mis mon nom propre je ne sais pas qui est derrier le site j’espére que vous comprenez ma réaction .
    cordialement

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