France: Le temps de la diversité?

 

Diversité, diversité et encore diversité. Depuis quelques semaines, ce mot est à la Une de l’actualité francaise. A la faveur de plusieurs évènements notamment, il a envahi les ondes des medias audio-visuels et les colonnes de la presse tout entière: 

C’est que les acteurs politiques, et le président Nicolas Sarkozy en tête s’en sont saisis de manière très officielle: Et un peu trop floklorique, de l’avis de beaucoup d’observateurs. On pourrait l’affirmer sans trop de risques: Pour l’instant, mon propos ici n’est pas d’étayer cette dernière hypothèse, mais plutôt de démontrer à travers quelques arguments que les arguments avancés ces derniers jours ne sont, ni une nouveauté, ni une chance pour les représentants de la  »Diversité francaise ». 

D’emblée, il faut dire que, chaque fois que les dirigeants politiques de ce pays (toutes tendances confondues) se réveillent en sursaut sur un sujet précis, comme cela a été le cas sur la question de la diversité ces derniers jours, c’est qu’ils sont, soit mal à l’aise, ou génés aux entournures, soit tout smplement qu’ils font semblant (?) de découvrir le sujet sur lequel ils s’expriment. Car, comment comprendre autrement la batterie de propositions et autres mesures pondue récemment pour « promouvoir » la diversité en France? Comment analyser et mettre en perspective ces mesures dans un contexte de crise augmenté au fait que aucune concertation n’a eu lieu avec les associations travaillant dans ce domaines (exceptées celles qui font de l’activisme zélé comme le CDR ou Africagora)? Comment enfin justifier que ce grand chantier s’ouvre dans une année dépourvue d’enjeux électoraux nationaux où se font souvent les grandes promesses et/ou les meilleures concessions? 

D’autre part, il faut aussi avoir à l’esprit que ce sujet est pris par un bout qui ne permettra pas au plus grand nombre de s’y reconnaître. Il s’agit de celui de la nomination à une haute fonction (Préfet, Sous-ministre, journaliste-présentateur), présentée comme le point d’aboutissement ultime de toute bonne carrière. En clair, pour réussir dans la vie, il faut se battre pour atteindre l’un de ces postes cités plus haut. Est-il légitime ou fondé de croire cela? Pourquoi devenir Préfet, ou sous-ministre, ou présentateur du 20h sur une chaîne de télé serait-il synonyme de réussir? Et meme si c’était le cas, en quoi, Mmes D. ou Y. ou M. N, membres de la « diversité », et qui auraient atteint l’une de ces fonctions auraient-ils réussi, et serviraient-ils de modèles aux autres membres (jeunes ou vieux) de la « diversité »? Une association de jeunes de banlieue ne déclarait-elle pas dernièrement dans une lettre ouverte publiée sur le net ceci: « M. le Président, nous ne voulons pas tous êtres ministres ou préfets ». Sera t-elle entendue? 

Enfin, a t-on, dans les déclarations publiques et les commentaires qui se sont succédés sur cette question, essayé de mettre en perspective la « Diversité » et l’immigration? Ou tout au moins, les aspects de ce dernier sujet les plus présents dans l’actualité comme la « traque » des sans-papiers, le durcissement des lois sur l’Asile et le Regroupement familial ou encore la situation dans les Centres de rétention comme à Mayotte? En d’autres termes, comment se persuader que les discours actuels sont des avancées pour les membres de la diversité, majoritairement issus de l’immigration (récente ou lointaine) alors que dans le même temps on déshumanise, traque, malmène de nombreux immigrants qui seront demain les membres de la Diversité? 

  

Ce sont donc là quelques idées simples qui permettent, à défaut de réduire à néant, relativiser les flonflons et autres discours lénifiants entendus, à Gauche et à Droite, chez les politiques comme chez les journalistes, sur le fait que le « Temps de la diversité » est arrivé. Un leurre. 

 

 

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