Francophonie: une Journée internationale (presque) sous silence en France

21 mars 2008

Comme chaque année, c’était hier (20 mars) la Journée internationale de la Francophonie. Comme d’habitude depuis quelques années déjà, cet évènement est passé presque sous silence en France. Je dis « presque sous silence » pour ne pas dire tout simplement « sous silence », car, dans quelques milieux spécialisés (au ministère de la Coopération, dans quelques facs de lettres, dans quelques maisons d’éditions aussi), on a du se souvenir de cette journée. Mais à la télévision (toutes les grandes chaînes), dans les grands journaux et les principales chaînes de radios, il n’y a rien eu. Pas une manifestation, pas une table ronde, pas un programme spécial. France 3 nous a resservi son traditionnel « Question pour un champion spécial Francophonie », mais à part çà, rien de rien. Doit-on se plaindre, gémir ou rester stoïque de cette absence de la Journée internationale de la Francophonie au premier plan des grands médias? Quelle signification revêt cet ostracisme (c’est bien le mot)? Et plus généralement, à quoi sert la Francophonie en (ou à la) France?

J’ai déjà évoqué ces questions ici, substantiellement et dans d’autres angles. J’ai déjà dit tout « l’intérêt » mineur, pour ne pas dire minable, que portait la France à la Francophonie, sa propre création pourtant. Le manque d’informations de grande ampleur, l’absence de temps forts médiatiques importants, en cette année, viennent confirmer cette idée.

Certes, hier, le président de la République Nicolas Sarkozy a prononcé un discours traditionnel pour la circonstance. C’était à la Cité universitaire internationale à Paris. Développant un nouveau concept de « Francophonie positive », il a affirmé que « la promotion de la francophonie est de notre intérêt (…), l’intérêt du monde, pour que la diversité l’emporte sur une uniformité, parce que l’uniformité, c’est l’appauvrissement culturel et intellectuel. Personne n’a intérêt à un monde aplati » et exclusivement dominé par l’anglais, pourrait-on poursuivre à la suite du président français. Il a même demandé aussi que, les pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et leurs représentants « veillent à s’exprimer désormais en français (uniquement?) dans les instances internationales où le français est langue officielle ». Autrement dit, selon M. Sarkozy, il faut utiliser le français comme un argument pour faire reculer ou pour contenir l’expansion de l’anglais à l’échelle mondiale. Soit.

Mais cette affirmation d’un développement, voire d’une promotion du français pour assurer la diversité culturelle (et accessoirement, faire barrage à l’anglais) n’est-elle pas un voeu pieux et inefficace rabâché chaque année? La Francophonie n’a t-elle pas d’autre chose à promouvoir que d’être cette tête de pont de la France dans son combat linguistique et culturel contre l’anglais? Et, au fait, à qui s’adresse cette quasi-injonction à s’exprimer en français dans les instances internationales? Aux dirigeants et responsables français ou à ceux des autres pays membres de la Francophonie?

Sur cette dernière question, on dira que le propos du président français s’adresse à ses propres compatriotes. Car, on sait que certains sont épris (comme lui du reste) d’une anglophonie maladive. Ainsi du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet s’exprimant en anglais il y a quelques années en réunion de travail, et devant les députés européens (une initiative qui fit d’ailleurs bondir de colère l’ancien président Jacques Chirac). Comme M. Trichet, d’autres encore se comportent de la même manière avec notre langue commune. (Voir à ce propos, l’excellent livre du Pr Bernard Lecherbonnier, Pourquoi veulent-ils tuer le français, Albin Michel, 2005, 248 pages). Le président de la République ne vantait-il pas lui même son amour de l’Amérique, son modèle de vie et, par ricochet, de sa langue? Comment peut-il demander après que d’autres que lui ou ses compatriotes soient des défenseurs zélés de la langue française? Il ne doit pas avoir oublié que les Etats africains francophones ont donné, donnent, et continueront de donner suffisamment de leur énergie pour porter cette langue partout, alors même qu’elle est la langue de la colonisation? Il ne doit pas non plus oublier que, malgré les difficultés et autres contradictions, ces mêmes Etats africains francophones valorisent, célèbrent et promeuvent le français et la Francophonie chaque jour avec beaucoup de forces, alors même qu’ils sont courtisés par d’autres puissances économiques et culturelles.

Si la France veut encourager ces pays, et les millions d’amoureux du français dans le monde, alors, elle devrait commencer par montrer un peu plus d’enthousiasme pour la Francophonie. Et notamment pour la seule journée qui lui est consacrée symboliquement par an, c’est-à-dire le 20 mars. Elle devra demander ou inciter les médias à être plus entreprenants et imaginatifs dans leur façon de porter cette journée. Elle devra aussi sans doute mettre plus de volonté politique et de lisibilité aussi. Sur ce dernier aspects, voici quelques pistes: un vrai ministère, plutôt qu’un secrétariat d’Etat. Un titulaire du portefeuille qui est davantage un connaisseur des réseaux culturels francophones plutôt qu’un politique nommé juste par reconnaissance de sa fidélité partisane. Débarrassé ce ministère des éléments qui feraient qu’ils soient perçus comme uniquement réservé à l’Afrique (francophone en particulier), ou alors le baptisé comme tel pour sortir de l’hypocrisie. Faire en sorte que le titulaire du portefeuille puisse y rester un bon moment et non pas dix mois comme le dernier en date), afin de mettre en place des initiatives concrètes et porteuses à moyen terme. Créer une cellule dans ce ministère qui travaillerait en étroite collaboration avec les artistes, écrivains, journalistes francophones désireux de collaborer d’une manière ou d’une autre à la mise en place de projets quelconques.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais, appliquée même partiellement, elle apporterait un dynamisme à la Francophonie en France. Et surtout, ferait que le 20 mars ne ressemble plus à une journée anonyme, alors même que cela devrait être un jour de fête. La fête de langue française. La fête des français. La fête des francophones partout dans le monde, et en France aussi.

Une piste audacieuse dans la lutte contre l’immigration clandestine

10 mars 2008

L’immigration clandestine est un sujet très sensible dans ce pays. De Gauche ou de Droite, les différents gouvernements ont tout fait pour tenter de résorber ce phénomène, à défaut de pouvoir l’éradiquer complètement. Peine perdue jusqu’à présent. 

Depuis le début des années 2000, le phénomène de lutte contre l’immigration clandestine s’est accrue dans ce pays; notamment depuis le retour au pouvoir de la Droite. Officiellement, pour combattre les trafics humains et lutter contre les réseaux qui les entretiennent; et aussi pour réduire le nombre de personnes qui viennent en France sans plan ni projet, ni qualification ni utilité. D’autres raisons, officielles et officieuses, existent aussi qui justifient la traque continuelle qu’on observe sur ce sujet de l’immigration clandestine. 

Les résultats de cette politique anti-clandestins sont, de l’avis de ceux qui la mènent, assez satisfaisants. Chaque année, depuis 2002, des milliers de personnes dans cette situation ont, semblent-ils, été reconduits dans leur pays. on a même parlé de 25000 cas l’année dernière. Et pour cette année, le Ministère de l’Immigration souhaite que ce chiffre passe à 28000. et pour 2009, combien? Et pour 2010 Combien encore? 50000? 100000? Combien? 

Bien entendu, je n’ai pas l’intention, ni de commenter, ni de contester ces chiffres, encore moins la politique qui la soutend. Mais, comme beaucoup de personnes, j’ai remarqué que, de manière globale, cette politique ne résout pas le problème à fond. Parce que la gestion de l’immigration clandestine est devenue, à tort, un exercice défouloir où, à l’approche des différents scrutins, chaque camp fait de la surenchère sur le dos des immigrés, avec en toile de fond, la même rengaine de sévérité sur les clandestins. Dès lors, les conséquences de ces pratiques sont énormes. la moindre ici n’étant pas l’image de la France qui s’est largement détériorée à l’étranger (en Afrique notamment), où certains n’hésitent plus à la traiter de pays raciste. 

Depuis le début de la politique accentuée du chiffre sur les clandestin (en 2003), le solde migratoire est pourtant quasiment le même en France, si l’on en croit les chiffres de l’Ined. On parle toujours d’environ 200 000 à 400 000 clandestins en France. Ca veut dire concrètement que, pendant qu’on en refoule certains, il ya quasiment le même nombre qui entre et s’installe dans le pays.  Alors, que faire? Continuer dans cette voie? Ne rien faire? Ou explorer d’autres solutions? 

Le bon sens recommande bien sur d’explorer d’autres solutions. Il ne s’agit pas de la régularisation massive comme le préconise quelques personnes. Mais d’une régularisation de grande ampleur, soumise à conditions. ces conditions seraient notamment d’être actifs, de ne pas commettre plus de certains nombres de faits et délits par an, et surtout, de pouvoir retourner dans son pays au moins une fois par an ou tous les deux ans. J’insiste sur ce dernier aspect, car il me semble très important. Chaque fois que un immigré clandestin à été régularisé, l’expérience montre qu’après, il est retourné dans son pays plus souvent que quand il vivait en clandestinité. 

Ce phénomène de retour est bénéfique, à la fois socialement et même économiquement. socialement parce que, il y a un fort pourcentage de ces « retournants » qui investissent dans leur pays d’origine, ou alors, rentre s’y installer la plus grande partie du temps. sans-papiers, ils ne l’auraient jamais fait. Leur départ, même périodique, permet donc de « désengorger » les villes, les logements, bref un certain nombre de lieux, d’espaces, de services qu’ils mobilisaient pendant leur présence. sur le plan économique, ces phénomènes de retour sont aussi une aubaine, car ils permettent une plus grande mobilité des gens, qui achètent pour voyager beaucoup plus que s’ils ne sont sédentaires. 

Donc, procéder à une régularisation de grande ampleur, soumise à ces conditions, ce serait une option plus audacieuse que la politique « défensiviste » de répression pratiquée en ce moments. C’est un pari de l’heure, mais aussi un pari pour l’avenir que le gouvernement français et les autres gouvernements des pays qui font face au problème des clandestins doivent envisager, et même adopter. 

  

Un médecin Camerounais pour Belley dans l’ain; Suite

8 mars 2008

Appendice à l’article sur le Dr Dopsoumna que j’ai publié il y a quelques jours. a la suite de ce papier, j’ai reçu quelques commentaires dont un, publié ci-dessous, qui m’ont amené à rédiger cette suite.

Parce qu’elle s’est terminée par un happy-end, « l’affaire Dopsoumna » si on peut ainsi l’appeler a fait des heureux et des malheureux. Au rang des premiers cités, il y a le médecin camerounais lui-même, ses collègues de l’hôpital de Belley, ainsi que tous les patients et habitants de ce village qui l’ont côtoyé et le tiennent en estime. Par extension, il y a aussi tous ceux qui, dans une situation similaire, espèrent à présent une issue semblable à celle du Dr Dopsoumna. Et ils doivent être nombreux dans ce pays. Ce sont tous ceux qui espèrent que, la fameuse politique « d’immigration choisie » de M. Sarkozy est une aubaine pour eux. Ils doivent se dire que la France, pays déclaré « en chantier » par son nouveau président, a besoin de toutes leurs compétences pour se développer davantage et se REFORMER (c’est l’expression à la mode).

En revanche, l’issue de « l’affaire Dopsoumna » a rendu plus d’une personne sceptique, voire amère. Car, une telle décision fait naître chez cette deuxième catégorie de personne la suspicion de la volonté pour la France de continuer à piller les « cerveaux » africains pour soutenir son développement à elle, et de laisser pendant ce temps-là l’Afrique sombrer dans l’obscurité du sous-développement. Selon eux, si la France accueille et/ou régularise à tour de bras tous les « cerveaux » africains qui arrivent ou sont déjà présents sur son territoire, elle ferait une bonne affaire pour elle, mais, amputerait les pays africains de bon nombre de ses élites. Un raisonnement qui n’est ni bête, ni faux. Mais qui sonne de plus en plus comme une vieille resucée que certains sortent tous le temps quand pareille situation se présente.

Un raisonnement qui, à mon avis, n’est plus ni pertinent ni opérant aujourd’hui. Car, les Etats africains qui invoquent le patriotisme de leurs concitoyens qui s’installent en France ou ailleurs en occident comme le Dr Dopsoumna, ne se posent jamais assez la question de ce qu’ils ont fait, font, ou peuvent faire pour ces concitoyens. Dans la plupart des pays africains, il n’y a plus ni bourse, ni aide de l’Etat. Et quand bien même il y en a, cela va aux « amis » du sérail, aux enfants et autres proches des décideurs. La plupart des jeunes qui quittent le continent pour aller étudier, le font le plus souvent sur fonds personnels (l’argent des familles), ou alors nanti d’une bourse d’un organisme international ou d’un pays étranger. Ils poursuivent leur formation dans des difficultés matérielles et financières que seuls leurs proches ou eux-mêmes par des petits boulots arrivent à soutenir. Bien plus, ils se mettent sur le marché du travail européen avec tous les handicaps liés à leur statut administratif et autres encore. Et ils réussissent aussi à braver cela.

Au nom de quoi doivent-ils se sentir « obliger » d’aller exercer dans leur pays? En récompense de quel investissement de leur pays d’origine? Et quand bien même ils opteraient pour cette solution du retour au pays natal, quelles garanties auraient-ils de trouver un emploi convenable, à la hauteur de leur espoir, à la mesure des sacrifices psychologiques et financiers consentis pendant leur formation? Quelles assurances auraient-ils de pouvoir s’exprimer, entreprendre, investir librement dans un pays qui ne leur a fait aucun cadeau si ce n’est celui de les voir naître? Quel sens peut-on donner au repli chez soi, au retour au bercail dans un monde qu’on nous dit de plus en plus « mondialisé »? A toutes ces questions, il y a peu de réponses en fait.

La voie choisie par le Dr Dopsoumna, diplômé de médecine en Tunisie (après une formation qu’il a du financé tout seul avec sa famille) est respectable et louable. Elle est aussi tout à fait justifiée par son ambition personnelle d’exercer là où il veut, là où il peut, et surtout là où il pense que ce sera pour lui le plus rentable professionnellement, humainement et financièrement. Ceux qui décideront de l’imiter, et qui connaîtront le même succès que lui, auront tout aussi raison. Aussi nombreux qu’ils seront. Aussi longtemps que cela pourra se produire.

Il faut juste espérer qu’ils rompront avec la tradition des anciens des années soixante-dix et quatre-vingt qui, une fois installé à l’étranger avec succès, rompait quasiment tous liens avec le pays d’origine. Et qu’ils sauront, entre les deux positions exposées plus haut, trouver une troisième (nouvelle?) voie. Cette troisième voie serait celle de s’installer où ils en ont envie, d’y exercer et de faire profiter de leur expérience ponctuellement ou plus tard à leur pays d’origine. C’est-à-dire pour le Dr Dopsoumna par exemple, d’aller de temps à autre au Cameroun (et pourquoi pas dans ce nouvel hôpital de Maroua dont parle le commentaire ci après) et d’y apporter son expérience et/ou sa contribution matérielle ou financière. Beaucoup le font déjà. Notamment ceux qui exercent dans l’enseignement et surtout les sportifs. C’est là la voie de la sagesse. La voie de la modernité.

 

COMMENTAIRE PUBLIE A LA SUITE DU PREMIER ARTICLE

odiga | kohmichel@yahoo.fr | odiga.unblog.fr | IP : 41.204.76.213

Pendant ce temps il manque près de 30 000 personnels de santé au Cameroun . Nous respectons le choix du Dr Dopsoumna de rester en France plutôt que de retourner au Cameroun. Choix que de nombreux camerounais ont fait. Un choix contraire au sien .

Notons également que le Premier Ministre Camerounais a inauguré il y a 2 semaines un hôpital dans l’extrême – NOrd. Cet hôpital à vu le jour grâce aux efforts tenaces d’une femme américaine médecin, qui arrivée au Cameroun il y a des dizaines d’années c’était donnée pour mission de mettre sur pied un hôpital dans cette partie du pays. Nos compatriotes peuvent également donner du leur tout en restant en France. Il faut réfléchir à des solutions de E-médecine, des partenariats avec les hôpitaux qui les accueillent en Europe pour que dans l’année ils puissent prendre un mois ou deux pour venir soigner leur frères au pays.

Amicalement.

A la découverte d’Hercule

7 mars 2008

J’ai (re)découvert Hercule aujourd’hui. Et, j’en suis fort heureux. C’était lors d’une sortie au Musée des Arts décoratifs (une annexe du Louvre) à Paris. Là-bas, dans la partie réservée à l’Antiquité et au Moyen âge, toute une série de tableau, de tapisserie et d’autres objets d’arts retracent les principales étapes de la geste d’Hercule. Notamment les Douze Travaux que je ne connaissais que très peu. Malgré mes quelques lectures de littérature antique, je n’avais jamais vraiment étudié cette Mine, ce gisement même (il faut le dire). Grâce aux explications du petit guide de ce matin au musée des Arts décoratifs, j’ai décidé de me plonger dans les lectures relatives à l’histoire de ce personnage.

Et donc, juste après la visite, j’ai cherché sur les moteurs de recherche les principaux ouvrages ayant Hercule au coeur. En clair, quelques romans et ouvrages essayistiques centrés sur lui. Après le premier clic de recherche, je me suis rendu compte qu’il y’en avait des milliers. Je m’en doutais bien, mais je n’avais pas pris l’ampleur de l’étendue du phénomène. Mon premier travail pour assouvir cette nouvelle passion sera donc de faire le tri. Le tri dans les principaux ouvrages référencés sur Hercule pour en choisir les deux, trois, quatre ou plus qui me feraient apprivoiser ce super héros. « Pour quoi faire? » m’a demandé un collègue à qui j’ai parlé de mon projet. « Ne trouves-tu pas que c’est un peu dépassé comme lecture aujourd’hui? a-t-il poursuivi.

Effectivement, çà pourrait paraître déplacé, voire ringard de se « taper » des livres sur Hercule aujourd’hui, à l’heure où les grands lecteurs dévorent les Harry Potter, Le Seigneur des anneaux et autres Mary Higgins Clark et Harlan Coben. Mais, j’ai beaucoup de raisons de m’intéresser à ce type de lecture, lui ai-je répondu. D’abord parce que je ne trouve pas mon compte dans les ouvrages actuels qu’il m’a cités, tout aseptisés et porteuse d’une vision du monde très éloignée de celle que je me représente. Et aussi, dans ce même ordre d’idées, le côté commercial, « bling bling » (pour parler un langage à la mode) de ces genres m’insupporte également du fait de sa fatuité et de son côté trop science-fiction. Outre cela, moins qu’aux aventures herculéennes, c’est à la qualité d’une certaine littérature (la littérature antique en l’occurrence ici) que je veux me reconnecter. Parce que, le parler y est juste et chatoyant, précis et construit; les images, même lointaines, sont agréables parcourir. Il en va même jusqu’aux actions mêmes qui, prise par certains angles, sont toujours d’une très grande pertinence et même d’une grande actualité.

Voilà donc le décor de cette « aventure » planté. Une aventure au terme de laquelle, je serai mieux informé sur Hercule. Dores et déjà, au regard des premières recherches et des premières lectures, je pense que cette aventure sera exaltante. Excitante même. L’exaltation et l’excitation étant justement deux des émotions que je recherche en toutes choses. Dans le travail, dans la méditation, en amour et bien sûr dans la lecture.

Un médecin Camerounais pour Belley dans l’ain

6 mars 2008

 

Il a été régularisé. Après avoir échappé de peu à l’expulsion vers le Cameroun, le Dr Oumarou Dopsoumna a reçu il y a deux jours, l’accord des autorités pour rester en France. Diplômé de médecine de l’Université de Sfax en Tunisie il était venu faire sa spécialisation de gastro-entérologue en France. A la fin de cette spécialisation en 2004, il décide de rester dans ce pays plutôt que retourner au Cameroun. En 2006, il signe un contrat pour intégrer l’équipe médicale de l’hôpital publique de Belley, petit village français de 10 000 habitants. Depuis cette année-là, il exerce dans cet établissement, à la grande satisfaction de ses collègues et des patients. 

Il y a quelques semaines, il a voulu faire renouveler sa carte de séjour qui avait expiré entre temps. La préfecture de son département a refusé sa demande au motif qu’il n’entrait pas dans les critères de régularisation. En effet, la loi de 2006 préconise de ne plus recruter, sauf dérogation, un médecin avec un diplôme étranger dans les hôpitaux publics français. Et le Dr Dopsoumna était dans ce cas, raison pour laquelle sa demande avait été rejetée. Face à cette décision, une mobilisation générale s’est organisée dans le village et même au delà  pour le sortir de cette galère. Les habitants, le maire et même le député de la circonscription ont fait circulé une pétition pour inviter la préfecture à changer d’avis à son sujet. Ce qui a donc été fait avant-hier donc avec cette décision du préfet de l’Ain de lui accorder ses papiers. 

Le Dr Dopsoumna peut donc désormais exercer en toute légalité en France. alors que
la France connaît des « déserts médicaux », beaucoup de médecins sont encore interdits d’exercer pour des raisons similaires à celle de notre compatriote. Et même au-delà de cette situation particulière, de nombreux étrangers qualifiés, dans des domaines variés, sont aussi victimes de l’absurdité des lois relatives à l’immigration, qui se durcissent de plus en plus dans ce pays. Le président Sarkozy avait souhaité, en campagne électorale l’année dernière, favoriser en France une « immigration choisie », c’est-à-dire une immigration qualifiée. Pour l’instant, sur le terrain, on est loin du compte. 

Municipales 2008; Quid de la diversité?

18 février 2008

Dans moins de 3 semaines (le 9 mars), les français voteront pour le 1er tour des élections municipales et cantonales. La campagne bat son plein depuis plusieurs semaines. Si les français ne se passionnent pas autant pour se scrutin (comparer à la présidentielle de l’année dernière), ils se rendront néanmoins nombreux aux urnes le jour du scrutin. Car, l’élection du maire et de ses conseillers, c’est le scrutin de proximité par excellence. C’est donc une affaire qui les concerne directement.

On compte en France plus de 36000 communes, dont plus de 80% sont des communes rurales (c’est-à-dire avec moins de 2000 habitants). Mais, comme toujours en démocratie, le scrutin sera le plus observé dans les grandes villes. C’est à dire à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes, Rennes… Il sera aussi regardé de près dans les villes importantes de banlieues, et notamment en région parisienne (Montreuil, Nanterre, Argenteuil…).

S’il est un sujet qui est un peu occulté dans la campagne des municipales qui se déroule en ce moment, c’est celui de la Diversité. Autrement dit, la représentation des citoyens dits des « minorités visibles » (en clair, noirs, arabes, asiatiques) dans les listes électorales. Lors des dernières législatives, le sujet avait été évoqué dans les médias avec beaucoup de publicité. Les grands partis (UMP, PS, PCF, UDF) avaient affirmé avoir fait beaucoup de progrès pour présenter des candidats issus de la Diversité. Au final, presque aucun de ces candidats n’a été élu en métropole, si on excepte l’avocate antillaise Georges-Pau Langevin (PS) dans le 18e arrondissement de Paris. Les français n’étaient t-ils pas près à voter pour des noirs, arabes et asiatiques? Il faut le croire, au regard des résultats de ces législatives. Mais si on observe avec attention, on remarquera que beaucoup de ces candidats avaient été investis à contre-coeur, dans des circonscriptions quasi-ingagnables; et souvent même, certains d’eux avaient du affronter la concurrence d’un candidat dissident du même parti que celui qui les a investis. Tous ces facteurs jumelés peuvent donc expliquer l’échec des candidats de la Diversité aux dernières législatives.

Sera-ce le même scénario pour ces municipales? On ose croire que non. Parce que, contrairement aux Législatives où le nombre de place de députés est limité (577), le scrutin municipal octroie plus de place d’élus. En outre, c’est un scrutin de liste, contrairement aux législatives qui sont nominales. Enfin, c’est dans beaucoup de cas, un scrutin local. Les électeurs seront donc certainement plus enclin à plébisciter un candidat du terroir, qu’il soit de la diversité ou non, à partir du moment où il réside, travaille, s’investit dans leur ville. Et surtout, s’ils pensent que ce candidat est à même de bien gérer la ville, et de lui apporter un certain développement. 

Qu’à cela ne tienne, ce sera toujours un signal fort voir un candidat issu de l’immigration visible élu maire dans une grande ville. Ce sera aussi toujours encourageant d’observer que, le renouvellement de la classe politique tant annoncé depuis des années, et ce par tous les grands partis politiques, puissent s’opérer en intégrant aussi les enfants de la République issus de l’immigration africaine, maghrébine, asiatique. Après son élection en mai dernier, Nicolas Sarkozy, en nommant au gouvernement Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara, avait cru consacrer l’avènement des enfants de l’immigration au soleil du pouvoir. Si on ne peut le renier, il est judicieux de souligner que, ces nominations étaient « le fait du prince ».

Aujourd’hui, plus que ce « fait du prince », c’est d’une adhésion élective qu’ont besoin les enfants de la Diversité. Ils ont besoin de faire campagne et de gagner leur place au « soleil » par les urnes. Ils en ont d’autant plus besoin que, pour eux comme pour tout le monde, c’est la voie royale pour montrer qu’ils sont des enfants de la République à part entière. Et qu’ils ont eux aussi besoin de légitimer leur action, leur parcours, par le suffrage universel.

Les prochaines municipales revêtent donc, de ce point de vue, un enjeu crucial. Car, elles peuvent (doivent?) être le moment fondateur de l’éclosion par les urnes (à des postes importants du moins), des enfants de la Diversité. On le saura dès le 16 mars au soir.   

Présidentielle US: l’étonnante campagne des médias français

13 février 2008

La campagne présidentielle aux USA bat son plein en ce moment. Dans un système marathonien qui est propre à ce pays, les postulants Démocrates et Républicains font campagne et s’affrontent pour obtenir les suffrages des militants et sympathisants de leur camp, afin de le représenter lors du vote du futur président en Novembre prochain.

Pour l’heure, après un premier tour de piste, où les candidats étaient nombreux dans chacun des camps, seuls restent en piste Mike Huckabee et John Mc Cain (côté Républicain) et Barack Obama et Hilary Clinton (côté Démocrate). Ils en sont rendus à plus de la moitié du vote interne, et doivent encore attendre qui d’eux sera désigné pour porter les couleurs de son parti.

Dans ce commentaire, je souhaite m’exprimer sur la « couverture » de cette campagne électorale (dans les deux camps) dans les médias français. Et principalement à la télévision. Les grandes chaînes de ce pays, ainsi que les chaînes d’infos en continu nous abondent au quotidien d’articles, reportages, interviews, dossiers sur cette campagne. Et même, les jours de grands votes comme le mardi 5 février (appelé Super Tuesday), beaucoup de chaînes ont fait des couvertures spéciales sur cet évènement.

Pour entrer dans les détails, les médias français, comme s’ils s’étaient passés le mot, font une couverture assez bizarre de cette campagne. Notamment celle des Démocrates. Ici, on entend parler tous les jours que de Barack Obama. A lui les bons mots, à Hilary Clinton les mauvais maux. Quand il gagne une primaire, c’est qu’il a convaincu et a séduit. Quand elle l’emporte, on nous explique que l’écart avec son challenger est assez minime et que c’est une victoire à la Pyrrhus.

Je suis comme beaucoup de monde flatté et séduit par la personne de M. Obama. Mais, comme beaucoup aussi certainement, je me demande si on n’en fait pas des tonnes, dans les médias français surtout, sur lui parce qu’il est noir. Et que de ce fait, on se sente obligé de lui « filer un coup de main » médiatique, pour lui permettre d’arriver sur le toit des USA. En clair, M. Obama doit être dans son pays le chouchou d’une partie de la presse acquise à sa campagne pour des raisons qui lui sont propres. En revanche, en France, il est le chouchou de TOUTE la presse. Pour quelles raisons?

On n’a que peu d’informations sur son programme de politique intérieure; juste plus de protection de l’Etat envers les pauvres (alors qu’il ne veut pas l’engagement de ce même Etat pour assurer une couverture médicale à tous les américains; 46 millions d’américains en sont dépourvus). Sur l’international, on en sait encore beaucoup moins, si ce n’est qu’il n’a pas voté pour la guerre en Irak (alors même qu’il n’était pas sénateur) et qu’il va réconcilier l’Amérique avec le monde (comme si cela était en soi un programme). Bref, on nous survend Obama en Kennedy du 21e siècle (encore que sur Kennedy, il y aurait pas mal de chose à dire aussi), en Sauveur de l’Amérique et du monde de demain.

Et pourtant, pour l’instant, sa campagne se résume à la narration d’une histoire; son histoire personnelle. Elle est argumentée de discours de tribun, très emballant, très enjôleur aussi, mais parfois, à l’extrême limite de la rêverie et de l’apprenti-sorcellerie. Et les médias français nous servent çà à foison comme quelque chose d’extraordinaire. D’ailleurs, d’après eux, il ne fait plus de doute que ce sera lui le candidat officiel des Démocrates à la prochaine élection. Cette prévision que la presse française caresse et affirme sans ambages me fait peur. Ou plutôt me fait rire. Non pas que je ne souhaite pas la victoire de M. Obama (en fait je m’en fiche un peu que ce soit lui ou quelqu’un d’autre, n’étant pas citoyen américain et n’ayant rien à attendre de ce pays), mais davantage parce que, la dernière fois que les journalistes français se sont montrés aussi enthousiastes sur un candidat lors d’un scrutin aux USA, le résultat de leur pronostic s’est avéré faux. C’était le cas en 2004, où la presse française dans son grand ensemble avait fait une propagande anti-Bush et pro John Kerry, à tel point que çà devenait indigeste. Résultat des courses, le candidat démocrate avait été battu à plates coutures par un Bush qu’on décrivait ici comme impopulaire, belliqueux, battu d’avance. La même chose s’est produite en 2006 lors des élections générales en Italie, où on nous a expliqué pareil ici que Berlusconi était un loser et qu’il serait sévèrement battu par M. Romano Prodi. Là aussi, le résultat fut à peu près différent de la campagne menée ici et surtout des prévisions avancées. Car, M. Prodi n’a finalement gagné qu’avec un petit député d’avance (son gouvernement vient d’ailleurs de chuter, faute de majorité suffisante).

Face à ces « erreurs de pronostics » de la presse française, conséquences de couvertures médiatiques tronquées et/ou malveillantes de cette même presse, j’ai décidé de me mettre à suivre la campagne américaine en V.O (version originale). Mon anglais est boiteux, certes, mais il me laisse encore le temps de regarder une émission en anglais, ou de lire un texte dur le site Internet d’un journal américain. Je vous invite à suivre ma démarche, pour sortir de l’intoxication dans laquelle on baigne en ce moment avec les médias français au sujet de la Campagne électorale américaine.

Que veut Ayaan Hirsi Ali?

11 février 2008

Ayaan Hirsi Ali, la (comment la qualifier?) députée néerlandaise, d’origine somalienne, mais résidente américaine est en France depuis quelques jours. La raison invoquée de cette présence en terre française, c’est, selon cette dame, venir demander la nationalité française et une protection particulière de la police française. On rappellera que Mme Ali est « menacée » de mort par une Fatwa lancée contre elle par certains intégristes musulmans un peu partout dans le monde, et notamment au Pakistan (par le groupe La Mosquée Rouge). On rapelera aussi que, depuis la mort de son ami cinéaste hollandais Théo Van Gogh, et les menaces qu’elle a subies après cette dramatique affaire, elle vit de manière errante. Se baladant de pays en pays, pour se cacher certes, mais aussi pour poursuivre son combat contre un côté de l’Islam qu’elle décrit comme un fascisme, une barbarie. Ses critiques acerbes, souvent excessives contre l’Islam, et contre son prophète, son les principales causes de son « malheur ». Ce malheur qui la rend aujourd’hui vagabonde, recluse, presque persécutée.

Et c’est pour ces raisons qu’elle est donc arrivée en France, pour demander la nationalité. Elle a mise en avant le statut de « terre de droits de l’homme » de ce pays. Elle sait aussi pouvoir compter sur des personnalités politiques et médiatiques, souvent très sensibles à ce genre de cause. Au rang de celles-ci, Bernard Henri-Levy, les journalistes Philippe Val et Caroline Fourest, Ségolène Royal et Rama Yade, la Secrétaire d’Etat au droits de l’homme du gouvernement français. Tous ces gens étaient d’ailleurs aux côtés de Mme Ali hier à Paris, dans une réunion de soutien qui lui était organisée, et dont le but principal était de lui faire obtenir la nationalité française. Mais se sont-ils tous demandés ce qu’elle veut vraiment? L’ont-ils interrogée sur ce qu’elle souhaite faire à terme, de manière générale, et en tant que française en particulier? 

Si je pose ces questions, c’est que je me demande toujours à quoi joue Mme Ali. Jusqu’ici, elle a été favorisée dans quasiment tout ce qu’elle a entrepris. Née dans une famille un peu à l’abri du besoin, elle a bénéficié d’une instruction de qualité même si une partie de celle-ci s’est passée dans un établissement religieux qu’elle réprouve aujourd’hui. Excisée (comme du reste des millions de femmes) elle a eu la chance de voyager beaucoup à l’étranger, de connaître autre chose que le chaos de Mogadiscio et des autres villes somaliennes. Bien plus même, arrivée en Hollande, elle a obtenu des papiers après avoir menti sur sa situation (combien de personnes sans-papiers pourraient avoir cette chance-là). Dans ce pays, elle a aussi pu suivre des cours de Sciences politiques et être diplômée d’une des meilleures universités du pays. Cooptée dans un cercle de réflexion, élue députée par la suite, elle a pu « faire son chemin » dans ce pays. Même si elle a sans doute du se démener pour en arriver là, il faut avouer que les faveurs dont elle a bénéficiés pendant plusieurs années (et dont-elle parle très peu aujourd’hui) peuvent faire d’elle, à juste titre, une privilégiée.

Dans ce sens, c’est sans doute un privilège de plus qu’elle demande aujourd’hui à la France. Un privilège égoïste même, car il ne concerne que sa seule personne, et non pas d’éventuelles autres personnes qui seraient comme elle menacées de mort pour des critiques envers l’Islam. Un privilège superflu, tant la nationalité néerlandaise qu’elle a en ce moment, le droit de résidence américain, la citoyenneté d’honneur danoise aussi, sont autant de statuts civils qui pourraient l’aider et l’accompagner dans ces différentes démarches. En quoi la nationalité française lui sera t-elle plus importante? En rien certainement. Si ce n’est dans la protection financière qu’elle espère après l’obtention de cette nationalité. Mais, le pays dont « les caisses sont vides » (dixit le président Sarkozy), « l’Etat en faillite » (pour François Fillon), ne vont pas se payer le luxe d’accéder à la demande de cette dame, alors même que, de part ses activités lucratives (experte dans un think thank américain, ancienne députée néerlandaise) devrait le lui permettre.

Si d’aventure cela se fait, alors il sera nécessaire, utile, judicieux d’expliquer à tous ceux qui dans ce pays demande un peu d’aide pour survivre, pourquoi on le leur refuse, pour aider Mme Ali à vivre en privilégiée.

 

APPRENDICE: Que gagne la France à accueillir Mme Ali?

Ce que veut Mme Hirsi Ali, on le sait; c’est obtenir rapidement la nationalité française et une protection afférente. Mais que gagnera la France à lui accorder une telle mesure, je dirai même une telle faveur? A cette question, on ne sait pas grand chose; mais on ne risquerait pas grand chose non plus en disant que ce « beau et vieux pays » qu’est la France n’aurait rien à gagner à une telle mesure envers Mme Ali. 

Je le disais dans le texte qui précède, si d’aventure, une telle mesure était adoptée, et que Mme Ali devenait française dans les jours très prochains, alors, cette décision susciterait le tollé des « souverainistes », des « nationalistes » et autres « patriotes » de ce pays. Et à raison. De même, elle provoquerait aussi l’étonnement, si ce n’est la colère des immigrés (clandestins ou non), dont le souhait d’accéder à la nationalité française s’apparente davantage à une épreuve du feu qu’à un simple caprice comme chez Mme Ali. Au contraire d’elle, beaucoup de ces immigrés vivent dans ce pays, y travaillent, rament paient leurs impôts; bref participent au développement de la France. Sans souvent en demander une protection particulière; sans même demander quelque faveur que ce soit.

Ce qui n’est pas le cas de Mme Ali. D’ailleurs, depuis qu’elle est partie de Hollande, elle vit aux USA; pourquoi n’en demande t-elle pas la citoyenneté, et par la même occasion une protection particulière de ce pays qui est tout vent dehors contre le terrorisme ilslamique? Pourquoi n’accepte t-elle pas la citoyenneté d’honneur danoise et la protection policière de ce pays, qui lui ont été proposées? Autant de questions sans réponses, qui peuvent permettre d’être dubitatif sur le souhait réel que cette dame formule aujourd’hui en demandant la nationalité française. 

Alors, Rama Yade, BHL, Ségolène Royal et les autres n’ont pas raison d’affirmer comme ils le font que « la France s’honorerait de soutenir et d’aider Ayaan Hirsi Ali (…) et au besoin, de lui accorder la nationalité française et la protection nécessaire pour sa sécurité ». Ils ont d’autant plus tort que, outre le caractère éculé d’une telle affirmation (çà veut dire quoi qu’un pays s’honnore d’accueillir une personne plus qu’une autre, comme si on était pas tous égaux), la principale concernée reste floue sur les motivations et les usages à terme de cette nationalité.

 

Les mots de Rama

11 février 2008

Rama Yade a du chic. Pas seulement pour son goût pour les fonds de teint et les tenues de jeune fille post-pubère à la mode classe-tailleur. Mais aussi pour les formules et les mots pour évoquer, qualifier, analyser, commenter…certaines situations. Ainsi, dans ce registre, on se souvient de son fameux « la France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits », balancé au sujet de la venue en France au début du mois de décembre 2007. Ouah. La formule choc, qui, en ce temps-là, fit couler beaucoup d’encre et de salive. Je ne listerai pas ici d’autres interventions de la ministresse française des Droits de l’homme; la liste serait trop longue.

Mais sa dernière sortie en date a retenue mon attention. Evoquant la couverture médiatique de la vie privée du président Sarkozy, elle a traité les journalistes de CHAROGNARDS. « Ce qui me frappe c’est l’extrême violence des attaques contre le président de la République. Des attaques personnelles, ciblées, que je trouve indignes et infamantes (…) On a l’impression de voir des charognards qui ont humé l’odeur de leur proie et qui fondent sur lui et qui s’acharnent », a t-elle déclaré à la radio RTL il y a quelques jours. Poursuivant dans sa lancée, elle a même parlé de « chasse à l’homme ».

Il n’est pas nécessaire de faire une étude ni stylistique, ni sémantique de ces propos pour en voir la virulence et la gravité. Il est à peu près sûr que, quand elle les a prononcés, Mme Yade devait être très remontée, très fâchée. J’ose croire que, c’est cette colère, cette fâcherie qui l’ont conduit à de propos aussi déplacés. Car, pour en vouloir à ce point à la presse (elle qui l’a faite d’ailleurs et l’a en grande partie propulsée là où elle est), et sur un sujet qui ne la concerne même pas directement (le président est suffisamment grand pour répondre à ceux qui s’en prennent à lui, en témoigne les procès qu’il a intentés ces derniers temps contre certains médias), elle devait en avoir gros sur le coeur.

On aurait pu ne pas lui en vouloir si elle n’était pas coutumière de ce genre d’excès de langage. Pour s’en justifier, elle se réfugie souvent derrière son « franc-parler ». Soit. Mais ce « franc-parler » exclut-il les mesures de bon sens? Altère t-il son jugement au point où ses propos soient toujours excessifs, à tel point que certains de ces collègues et amis du gouvernement s’en désolidarisent? Assurément pas.

Rama Yade a sans doute été (et continue t-elle de l’être d’ailleurs) bercé par ces commentaires qui faisaient d’elle la benjamine du gouvernement (Le président et le PM ne le disent-ils pas assez souvent?). Elevée à l’africaine, elle sait aussi qu’on passe souvent beaucoup de caprices et de bêtises aux benjamins. Est-ce parce qu’elle sait que MM Sarkozy et Fillon la savent comme benjamine (et aussi une « gamine »?), et semblent être moins exigeant avec elle, qu’elle use et abuse d’un langage parfois très peu convenant? Si elle pense cela, et en joue, elle ne perd rien pour attendre le retour du bâton. Car, comme souvent dans ces cas, quand fini l’Etat de grâce, les « représailles » sont graves et douloureuses.

Rama Yade a certainement beaucoup de qualités à faire valoir, que des propos idiots comme ceux qu’elle a lancés envers les journalistes sur RTL. Elle espère aussi certainement mener une longue carrière politique dans ce pays. Si elle a bien lu ses manuels d’histoire politique, ou même tout simplement les journaux, elle doit donc savoir que, quand on se montre aussi malveillant envers les gens, on ouvre ni plus ni moins une boîte à pandore qu’on aura du mal à refermer. En d’autres termes, en s’attaquant de manière aussi grossière aux journalistes, comme aux élus d’opposition ou à tout autre personne, on s’expose, du moins à une vendetta, sinon à une réplique parfois franche ou discrète de ceux qu’on a attaqués. Les journalistes ne la louperont donc pas à la première occasion venue. Et, à ce moment-là, elle verra sans doute à quoi doivent ressembler des « charognards ». 

Les mots en français ont un sens (plusieurs même). Quand on les utilise on en mesure la portée. Visiblement, ce n’est pas la préoccupation première de MMe Yade ces derniers temps. C’est bien dommage, car, à son tour, elle fera sans doute face à une salve de propos similaires, où l’injure le disputera au grossier et au « malveillant ». 

Foot Africa 8

10 février 2008

Tout est donc terminé ce soir. La 26e Can s’est achevé au Ghana avec le Sacre de l’Egypte. La sélection en rouge et blanc a dompté les Lions du Cameroun par un but à zéro, but marqué par le milieu Mohamed Abou Treika à moins d’un quart d’heure de la fin du match.

L’Egypte empoche avec cette victoire sa 6e Can, et distance son adversaire du jour de deux longueurs au palmarès des lauréats de cette compétition. En outre, les Pharaons se succèdent à eux-mêmes, et par la même occasion, succèdent au…Cameroun, qui est la dernière sélection à avoir remporté le trophée deux fois de suite (2000 et 2002). L’entraîneur égyptien est quant à lui le deuxième entraîneur à avoir gagné la compétition deux fois de suite après un entraîneur ghanéen des années soixante (1963 et 1965).

Pour revenir sur la finale d’aujourd’hui, il faut dire que c’est la meilleure équipe du tournoi qui a gagné. Nous avons dit dans les articles précédents que c’était l’équipe la plus accomplie. Son jeu était sûr. Ses prestations, constantes. Et ses victoires, convaincantes. Au contraire, le Cameroun aura toujours le regret d’avoir perdu une finale. La deuxième de son histoire après celle de 1986, toujours devant l’Egypte.

En outre, les Lions indomptables pourront aussi se mordre les doigts d’avoir été battus sur une erreur individuelle de défense. Et cette erreur, elle est à l’actif de Rigobert Song, le capitaine emblématique des Lions. Pour sa septième Can d’affilée, avec un total de 34 matchs joués dans cette compétition (un record), le guerrier camerounais a certainement signé, avec cette erreur, une bien mauvaise sortie en équipe nationale du Cameroun.

Avec son départ (presque annoncé) et aussi celui de quelques autres cadres de cette équipe, c’est plus qu’une défaite que le Cameroun a encaissé ce soir. C’est la dislocation d’un groupe, en fin de cycle, qu’il faudra dès demain recommencer à reconstruire pour affronter les échéances futures. Et notamment la prochaine Can en Angola en 2010, et surtout la Coupe du monde la même année en Afrique du sud. Bon courage à celui qui prendra la succession de Otto Pfister, le très controversé et « dépassé » entraîneur allemand des Lions, dont le mangement durant ce tournoi aura été plus ou moins sujet à caution.

Que retenir finalement de cette compétition qui s’est achevée? En vrac, on dira que l’Egypte, championne d’Afrique a montré qu’on pouvait encore s’appuyer sur un vivier de joueur local, sur une discipline de groupe, et sur une qualité de jeu, pour remporter un trophée majeur. On retiendra aussi que ses poursuivants immédiats (Cameroun, Ghana, Côte d’Ivoire et d’autres) ont montré par moments de belles choses, mais doivent imiter les Pharaons dans leur discipline sportive et extra-sportive pour arriver à gagner à leur tour plus tard.

On retiendra aussi que cette Can a été placé sous le signe du fair-play et du jeu offensif avec 100 buts marqués, avec Samuel Eto’o en meilleur buteur (5 buts). D’autres éléments sont à retenir sur lesquels nous reviendrons dans d’autres livraisons. En attendant, on ne peut que souhaiter un grand bravo à l’équipe nationale de football de l’EGYPTE, CHAMPIONNE d’AFRIQUE 2008.

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